Entreprises : pourquoi et comment mettre en place une démarche de RSE ?

Dernière mise à jour : 24 juin 2021

Dans cet article dédié à Responsabilité Sociétale d'Entreprise (RSE), vous y trouverez toutes les informations pratiques et les mesures à prendre pour être une entreprise plus responsable.


Pourquoi les entreprises se mettent à la RSE ?


La RSE constitue une opportunité pour les entreprises de mieux répondre aux défis auxquels elles sont confrontées (climat, approvisionnement, demande de transparence…) et de répondre aux attentes de plus en plus nombreuses de leurs parties prenantes (clients, fournisseurs, actionnaires, syndicats, etc.) sur ces sujets.


C’est aussi une nouvelle vision de leur rôle et de leur responsabilité dans la société qui va les conduire à agir différemment.


Enfin, la RSE confère plusieurs avantages économiques aux entreprises tels que la différenciation et l’innovation, la réduction des coûts et l'amélioration de l'efficacité.


Comment s’organise la mise en place d’une démarche RSE ?


L’importance du référentiel

Afin d’avoir une démarche structurée permettant une analyse pertinente par les parties prenantes des principaux enjeux à adresser, l’entreprise devrait se baser sur un référentiel reconnu en matière RSE. En effet, plusieurs initiatives ont été élaborées sur le plan international pour standardiser cette démarche.


La norme ISO 26000 est la plus reconnue sur le plan international. Publiée en 2010 après de longs débats, elle a mobilisé un très grand nombre de parties prenantes dans le monde entier. Cette norme est conçue comme un guide et contient des lignes directrices. Elle ne se prête donc pas à la certification, contrairement à d’autres normes telles que l’ISO 9001.


Elle définit comment les organisations (entreprises, associations, institutions, etc.), quelles que soient leur activité, leur taille ou leur localisation, peuvent structurer leur démarche de responsabilité sociétale.


En se basant sur la norme ISO 26000, l’organisation doit définir le périmètre de sa démarche autour de 7 questions centrales : Gouvernance de l’organisation, Droits de l’Homme, Relations et conditions de travail, Environnement, Loyautés des pratiques, Questions relatives aux consommateurs, Communautés et développement local.


Chaque question centrale comporte des domaines d’action pertinents sur lesquels l’organisation va pouvoir se baser pour fixer ses priorités et mettre en place ses propres actions. Ces domaines d’action sont au nombre de 37 et décrivent ce que l’organisation pourra faire concrètement.


Le pilotage du projet

La démarche RSE peut être aussi bien initiée par un collaborateur que par un administrateur. Toutefois, l’impulsion stratégique et le portage du projet par les dirigeants de l’entreprise garantira la réussite et l’efficacité de la démarche.


L’implication et la formation des collaborateurs dans cette démarche est primordiale car ce sont non seulement les premiers ambassadeurs de l’entreprise, mais aussi les personnes qui vont traduire les engagements de l’entreprise dans leurs métiers. Il est donc nécessaire de placer les ressources humaines et managériales au cœur de la démarche et de les associer dès le début.


La mise en place d’une démarche RSE est un projet stratégique pour l’entreprise. Comme tout projet, il convient de désigner un chef de projet RSE, idéalement la personne qui sera en charge du déploiement de la démarche.


Un comité de pilotage peut également être constitué. Ce comité validera les objectifs, les différentes étapes, et livrables du projet. Il doit être présidé par l’instance dirigeante de l’entreprise et réunir l’ensemble des métiers de l’entreprise. Il est aussi recommandé d’y associer des représentants du personnel et certaines parties prenantes stratégiques de l’entreprise.

Le coût de la démarche

Evaluer le coût moyen d’une démarche RSE est un exercice très difficile. C’est pourquoi la RSE doit davantage être pensée comme un investissement.


Si de prime abord, la mise en place d’une démarche RSE apparait comme coûteuse, cette perception est à mettre en balance avec les nombreux bénéfices qu’elle génère. Elle peut en effet engendrer des économies financières via les économies d’énergie, d’eau et de matière par exemple.


Pour réduire certaines dépenses, l’entreprise peut profiter de diverses ressources en interne ou s’appuyer en externe sur son réseau grâce aux retours d’expériences. Elle peut aussi utiliser de nombreux outils, benchmark, études sur le sujet, etc., des ressources gratuites et facilement accessibles.


Quelle démarche appliquer ?

La mise en place une d’une démarche RSE est un projet d’envergure pour l’entreprise. Cela suppose de respecter une certaine méthodologie.

1. Identifier les standards et les enjeux de RSE applicables


Les enjeux de RSE applicables à l’entreprise varient en fonction de sa situation géographique, de sa taille et de son secteur d’activité. Une entreprise opérant dans le secteur minier par exemple n’aura pas les mêmes enjeux qu’une entreprise du secteur bancaire.

Avant d’engager la démarche, il est donc conseillé de dresser un état des lieux des normes et standards qui pourront être applicables à l’entreprise. L’entreprise peut également effectuer un inventaire des bonnes pratiques de son secteur afin de disposer de toutes les informations nécessaires à la démarche qu’elle souhaite engager.


Partout dans le monde, les initiatives de RSE sectorielles se sont développées ces dernières années. Elles reposent sur des guides et normes nationales ou internationales, qui ont été élaborées aussi bien par des autorités publiques, que des acteurs privés tels que les patronats ou les fédérations professionnelles.

A travers ces initiatives, les acteurs d’un même secteur peuvent mieux cerner les enjeux auxquels ils sont exposés, évaluer les risques et les opportunités dans leur secteur et disposer de guidelines pour harmoniser leurs pratiques.


2. Consulter les parties prenantes


Les parties prenantes sont un élément essentiel de la RSE. En effet, la démarche engagée par l’entreprise a vocation de répondre à leurs attentes et de les associer dans ce processus. Il est donc recommandé de co-construire la démarche avec elles.


Pour ce faire, l’entreprise doit identifier ses parties prenantes. Parmi les principales parties prenantes de l’entreprise, on peut citer : les collaborateurs, les fournisseurs, les syndicats, les ONG, les actionnaires, les communautés locales, les consommateurs et les pouvoirs publics.

Elle doit également les consulter et recueillir leurs principales attentes et intérêts dans l’entreprise, ce qui lui permettra de prioriser les enjeux sociétaux de l’entreprise. Cette priorisation peut se réaliser via une cartographie des enjeux ou une analyse de matérialité. Dans l’idéal, elle est réalisée avec le maximum de parties prenantes de l’entreprise.


La matérialité est au cœur de la démarche RSE. Elle permet de garantir une démarche focalisée sur les sujets importants pour les parties prenantes et l’entreprise.

En effet, privilégier l’exhaustivité au dépens de la matérialité conduit souvent à des démarches lourdes. Cela requière aussi un effort considérable pour peu ou pas d’impact. Il existe diverses méthodologies pour réaliser cet exercice. Il appartient à l’entreprise de choisir la méthode qui lui convient le mieux et de décrire celle utilisée pour en faciliter la lecture.


3. Mener un diagnostic


Le diagnostic permet de passer en revue les pratiques de l’entreprise afin de mesurer le niveau d’intégration de la RSE, de disposer de préconisations pour bâtir la démarche, et d’identifier les points forts qui pourraient être mieux valorisés dans la communication. Pour cela, l’entreprise peut s’appuyer sur le référentiel ISO 26000.


Le diagnostic permettra aussi d’évaluer dans les grandes lignes la conformité des pratiques de l’entreprise par rapport aux différentes exigences réglementaires, un prérequis pour toute démarche de RSE.


L’information est collectée au travers d’entretiens avec les dirigeants et les entités de l’entreprise, d’ateliers avec les parties prenantes internes et externes ainsi que via la documentation de l’entreprise (politiques, procédures, tableau de bord, etc.).

Des visites de sites sont aussi organisées pour évaluer la mise en œuvre concrète des engagements de l’entreprise sur les différents thèmes de la RSE.


Enfin, il doit faire l’objet d’un rapport synthétique, partagé avec l’ensemble des parties prenantes, par exemple dans le cadre du comité de pilotage s’il existe.


Le diagnostic peut être réalisé en interne, à travers une auto-évaluation par exemple, ou en externe par un cabinet indépendant. Ce dernier disposera ainsi de l’expertise méthodologique et d’expériences pour faire une analyse pertinente de l’entreprise.


4. Formaliser la démarche RSE et définir les règles de gouvernance


La consultation avec les parties prenantes et le diagnostic permettent de faire ressortir les enjeux prioritaires pour l’entreprise. Ces enjeux peuvent être transposés en des engagements et objectifs, puis formalisés dans une politique.


Cette politique peut être publiée dans un document officiel tel qu’une charte ou un code et communiquée à l’ensemble des parties prenantes pour en faciliter leur appropriation.

Pour assurer la mise en œuvre de la démarche, il est indispensable de formaliser les règles de gouvernance.


Dans les grandes entreprises, il existe la plupart du temps un département dédié à la RSE. Parfois, le département est couplé avec d’autres métiers plus ou moins liés. Cette entité est généralement en charge du déploiement et du suivi de la démarche, ainsi que de la communication RSE.


Afin de piloter, d’animer et d’accompagner la démarche RSE au quotidien, un responsable RSE doit être nommé (à temps plein ou à mi-temps selon l’ampleur de la mission). Pour plus d’efficacité et de crédibilité, il peut être rattaché à la direction générale. Cette fonction transversale requière des qualités de communication, de négociation, de pédagogie et des talents de médiateur. Il est important de choisir un profil engagé et passionnée par le sujet.


Pour être efficace, une démarche de RSE doit aussi être portée par chaque département afin de garantir un déploiement dans les différents métiers de l’entreprise.


Les entreprises qui disposent de plusieurs sites dispersés dans le pays ou ailleurs dans le monde créent souvent un maillage de correspondants RSE dans les sites de l'entreprise pour relayer les messages et mieux mettre en œuvre les actions sur le terrain. Ces ambassadeurs peuvent également assurer le dialogue avec les parties prenantes locales et remonter les informations pertinentes à l’entreprise.


Plusieurs instances de dialogue peuvent être mises en place pour impliquer les parties prenantes dans la gouvernance de la démarche RSE :

  • Au niveau du conseil d’administration, le comité RSE est le garant de la conformité entre les principes de RSE et la stratégie de l’entreprise. Il délibère les orientations et les grands projets de RSE, mesure les progrès réalisés par l’entreprise et transmet les informations sur la démarche RSE aux actionnaires.

  • Au niveau de la direction générale, le comité de pilotage réunit les principaux directeurs et des représentants de parties prenantes. Il présente généralement l’état d’avancement du plan d’action RSE et le bilan des actions de terrain mises en œuvre. Ce comité est l’occasion d’échanger des informations entre chacune des entités de l’entreprise ainsi que les bonnes pratiques. Il est généralement animé par le responsable RSE.

  • Au niveau opérationnel, un réseau de relais/correspondants RSE peut également être mis en place. Ils peuvent se réunir dans un comité afin de partager les bonnes pratiques locales et être force de propositions pour ajuster la démarche.

5. Elaborer un plan d’action opérationnel


Le plan d’action découle des recommandations formulées dans le diagnostic RSE et répond aux engagements de l’entreprise formulés dans sa politique RSE.


L’entreprise a des ressources limitées. Ainsi, toutes les actions ne pourront pas être engagées d’un seul coup. Il est donc recommandé de sélectionner dans un premier temps des actions prioritaires en prenant en compte les risques y afférents (juridiques ou opérationnels), leur portée, leur complexité de mise en œuvre et les coûts associés.


Chaque action doit faire l’objet d’un descriptif détaillant :

– Les objectifs fixés et attendus

– Les modalités de mise en œuvre

– Le calendrier de réalisation

– Les résultats attendus

– Le pilote de l’action

– Les acteurs impliqués

– Les publics bénéficiaires

– Le budget


Il est également important de mettre en place des indicateurs clés de mesure de chaque action pour assurer le suivi du plan d’action et évaluer sa bonne mise en œuvre.


6. Évaluer et communiquer


Toute démarche RSE doit mesurer ses engagements et communiquer pour rendre compte à ses parties prenantes en toute transparence.


Mesurer l’évolution des actions est en effet essentiel dans une démarche de RSE car les notions de progression mais aussi de transparence et d’évaluation sont très importantes.


Cela passe par la mise en place d’indicateurs qui vont permettre de suivre les impacts environnementaux de l’entreprise tels que les émissions de gaz à effet de serre, les impacts sociaux tels que l’écart des salaires entre les femmes et les hommes et les impacts sociétaux tels que les délais de paiement des fournisseurs, etc.


L’analyse de ces indicateurs permet d’identifier des pistes d’amélioration, car une organisation peut toujours aller plus loin en terme de responsabilité sociétale. C’est aussi l’occasion pour elle de communiquer avec rigueur et précision, sur l’avancement de sa démarche.


La communication peut s’articuler au travers de formats très différents.


En interne, une communication réussie favorise l’adhésion et la compréhension, à travers la sensibilisation et l’engagement des collaborateurs au développement durable et à la démarche de l’entreprise, notamment des nouvelles recrues.


En externe, le reporting RSE permet de valoriser les bonnes pratiques existantes et témoigner de l’avancement du plan d’actions auprès de parties prenantes de plus en plus vigilantes sur ces critères.


Les labels, trophées et autres distinctions, mais aussi les notations RSE permettent aux entreprises de se différencier auprès des investisseurs, banques et actionnaires, ainsi que des clients qui sont de plus en plus sensibles à cette dimension dans leur décision d’investissement, de financement ou d’achats.


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